COMMUNIQUE 27.03.2020 > Pas de répit pour la criminalisation des exilé.e.s

A l’heure de la plus importante crise sanitaire du siècle et du confinement de la population belge, ce vendredi 27 mars, dix nouvelles personnes attendaient de passer devant les tribunaux, inculpé.e.s des terribles mais désormais si courantes accusations de « trafic d’êtres humains » et « participation à une organisation criminelle ». Trois d’entre elles sont en détention préventive, certaines depuis 10 mois. Et elles le resteront encore. Pour quoi?
Parce que la liberté conditionnelle leur a été refusée et parce que leur détention a été prolongée après que les juges aient décidé de reporter le procès au 8 mai. Et ce, malgré le risque élevé de contamination au Covid-19 en prison, pour des raisons évidentes de promiscuité et de manquements aux règles d’hygiène dans les lieux de privation de libertés. Un mois et demi de plus dans des conditions que de nombreux professionnel.le.s de la justice dénoncent comme « difficiles voire mortifères »*.
Parce qu’en Belgique, cela fait des années que les exilé.e.s sont discriminé.e.s, chassé.e.s et enfermé.e.s. Et les dangers du Covid-19 qui affolent la planète n’y changent rien. Ces derniers jours, la police expulsait et traquait encore des personnes sans toit, alors que de son côté l’Office des étrangers a décidé de refuser toutes demandes d’asile en violation totale des obligations internationales de l’Etat belge. Ces personnes font partie du grand nombre de personnes exilées, sur la route vers une vie qu’elles espéraient décente, qui se retrouvent enfermées et privées de toutes capacités d’agir et de penser l’avenir.
Parce que ce procès reporté s’inscrit sur la longue liste de procédures menées à l’encontre d’exilé.e.s et des citoyen.ne.s solidaires contre qui la répression judiciaire s’est ajoutée à la répression policière de ces dernières années. Il fait suite à une énième rafle ayant eu lieu en mai 2019 à Bruxelles, visant des exilés soudanais, érythréens et libyens.
Parce que, comme d’autres procès l’ont déjà dévoilé, les raisons politiques derrière ces poursuites sont évidentes. Comment justifier la fameuse efficacité des politiques de chasse à l’homme et autre Medusa mises en place? Il faut du chiffre, des arrestations, des incarcérations et donc des procès. Et ce, même si ces poursuites sont fondées sur des dossiers souvent vides et montés de toutes pièces, sans parler des immenses problèmes de traduction qu’ils contiennent, ni du coût faramineux de ces procédures (on parle en millions!).
Enfin parce que ce procès, comme les dizaines d’autres pour les mêmes motifs, n‘est que la continuité logique des politiques migratoires xénophobes et racistes qui ont été développées en Europe et en Belgique depuis plus d’une vingtaine d’années.
A l’heure où les citoyen.ne.s prennent enfin conscience que gouverner par les chiffres mène à la catastrophe, il est urgent que la condamnation de ce modèle néolibéral et sécuritaire aille bien au-delà des services directement touchés par la crise sanitaire. Nous demandons la libération et la relaxe des personnes qui luttent pour survivre aux politiques criminelles de l’Etat qui privent de droit, de liberté et de protection sociale un nombre croissant de la population.
* « Prisons et santé : incompatibles », Le Vif, 25.03.2020

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